200 filtres à eau ORISA® déployés au Liban par Action contre la Faim
Dans la région de Qaa-Hermel, au Liban, l’accès à une eau saine reste un enjeu majeur pour les populations réfugiées syriennes vivant dans des campements informels. Environ 70 % des puits agricoles de la zone présentent une contamination bactériologique, augmentant les risques de maladies liées à l’eau. Pour répondre à cette problématique, Action contre la Faim a déployé 200 filtres à eau ORISA® auprès des familles. Plusieurs mois après leur distribution, les équipes d’ACF ont mené une étude auprès des bénéficiaires afin de mesurer leur utilisation et leur impact au quotidien.
Les résultats témoignent d’une forte appropriation : 95 % des ménages interrogés utilisent ORISA® quotidiennement et 98 % constatent une amélioration de la qualité de leur eau.
L’accès à l’eau potable, un enjeu pour les réfugiés syriens au Liban
Dans cette région du nord-est du Liban, des familles réfugiées syriennes vivent dans des campements informels (ITS), notamment au cœur de zones agricoles. L’accès à une eau de qualité y constitue un enjeu sanitaire important. Environ 70 % des puits agricoles autour de Qaa-Hermel sont contaminés bactériologiquement. Cette contamination de l’eau, associée à des conditions d’assainissement parfois insuffisantes dans certains campements, favorise le développement de maladies hydriques.
Action contre la Faim a donc cherché des solutions durables et économiquement pertinentes permettant aux populations de traiter directement les ressources en eau disponibles sur place.
200 filtres à eau humanitaires ORISA® distribués par Action contre la Faim
Dans le cadre de cette intervention, Action contre la Faim a sélectionné deux systèmes de traitement de l’eau : une solution centralisée à l’échelle des campements et ORISA®, utilisé comme système de filtration domiciliaire au niveau des familles.
Au total, 200 filtres à eau ORISA® ont été distribués en 2025. Fonctionnant sans électricité, ORISA® permet aux bénéficiaires de filtrer directement leur eau sur leur lieu de vie. Cette autonomie est particulièrement adaptée aux campements informels et aux zones dans lesquelles l’accès aux infrastructures et à l’énergie peut être limité.
Mais déployer un équipement de filtration d’eau ne suffit pas : son appropriation par les populations est déterminante pour assurer son utilisation dans la durée. Les équipes d’Action contre la Faim ont ainsi accompagné les distributions de formations individuelles à l’utilisation et à l’entretien d’ORISA®. Des relais locaux ont également été formés afin d’accompagner les bénéficiaires aux côtés des équipes terrain.
Une étude auprès de 99 ménages pour mesurer l’impact des filtres ORISA®
Quelques mois après le déploiement, l’équipe MEAL d’Action contre la Faim au Liban a réalisé un suivi post-distribution (PDM) afin de mesurer l’utilisation effective des filtres et leurs effets sur le quotidien des bénéficiaires.
Au total, 99 ménages ont été interrogés dans six localités de la région de Qaa-Hermel : Qaa Jouar Maqiyeh, Qaa Baayoun, Hermel, Fakehe, Qaa Ouadi el Khanzir et Nabi Osmane.
L’étude s’est notamment intéressée à la fréquence d’utilisation des filtres, à la qualité perçue de l’eau, aux dépenses des ménages, à la santé ainsi qu’à l’utilisation et à l’entretien des équipements.
95 % des ménages utilisent ORISA® quotidiennement
L’un des principaux enseignements du suivi réalisé par Action contre la Faim concerne l’appropriation du filtre par les bénéficiaires.
95 % des ménages interrogés déclarent utiliser ORISA® tous les jours.
Et la filtration n’est pas seulement utilisée de manière complémentaire : 95 % des répondants déclarent également qu’ORISA® constitue leur principale source d’eau destinée à la boisson.
Seuls quelques ménages continuent à recourir à de l’eau en bouteille ou à de l’eau acheminée par camion.
Ces résultats témoignent de l’intégration du système de filtration dans les usages quotidiens des familles.
98 % des bénéficiaires constatent une amélioration de leur eau
Le suivi mené par ACF met également en évidence une évolution importante de la qualité perçue de l’eau.
98 % des ménages constatent une amélioration du goût, de l’odeur ou de la clarté de leur eau après filtration.
Ils sont également 98 % à déclarer se sentir davantage en sécurité en consommant l’eau filtrée par ORISA® par rapport aux sources qu’ils utilisaient auparavant.
Action contre la Faim conclut ainsi dans son analyse que le système de filtration ORISA® a été très bien accepté par les bénéficiaires et fortement intégré dans les usages quotidiens.
Une diminution déclarée des maladies hydriques
L’étude s’est également intéressée à l’évolution de la santé des bénéficiaires.
Parmi les ménages interrogés, 17 % indiquent qu’au moins un membre de leur famille avait été touché par une maladie liée à l’eau, notamment des diarrhées aqueuses aiguës ou l’hépatite A.
Parmi ces familles, 82 % déclarent avoir observé une diminution de ces maladies depuis l’utilisation d’ORISA®.
Ces données reposent sur les déclarations des bénéficiaires et ne permettent pas d’établir à elles seules un lien de causalité médical. Elles constituent néanmoins un indicateur important dans l’évaluation menée par Action contre la Faim.
Des dépenses liées à l’eau réduites pour 55 % des ménages
Avant de recevoir leur filtre, 57 % des personnes interrogées déclaraient dépenser de l’argent pour accéder à une eau sûre, avec une dépense moyenne d’environ 3,7 millions de livres libanaises par mois.
Après le déploiement des filtres, 55 % des ménages déclarent une réduction de leurs dépenses liées à l’eau.
Permettre aux familles de traiter directement une ressource disponible localement contribue ainsi à limiter leur dépendance à l’achat ou à l’acheminement d’eau potable.
Former les bénéficiaires pour rendre la filtration de l’eau durable
L’accompagnement des bénéficiaires constitue une étape essentielle des programmes de filtration domiciliaire.
Chaque ménage doit pouvoir utiliser son équipement de manière autonome, mais également assurer son entretien dans la durée.
Dans le cadre du projet, 100 % des personnes interrogées déclarent avoir reçu une formation ou des informations sur l’utilisation et l’entretien d’ORISA®.
L’ensemble des répondants déclarent également avoir confiance dans leur capacité à utiliser et entretenir le système.
Cette appropriation contribue à inscrire l’accès à une eau saine dans le quotidien des familles, au-delà de la seule phase de distribution.
Le filtre à eau humanitaire ORISA® : une solution autonome au plus près des familles
En contexte humanitaire, les contraintes d’accès à l’eau varient fortement selon les territoires : camps de réfugiés, zones rurales isolées, catastrophes naturelles, conflits, épidémies ou encore déplacements de populations.
La filtration domiciliaire permet d’agir directement au niveau du ménage, en donnant aux bénéficiaires les moyens de traiter eux-mêmes leur eau.
L’intervention menée par Action contre la Faim au Liban permet aujourd’hui d’en mesurer concrètement l’appropriation plusieurs mois après la distribution :
95 % utilisent ORISA® quotidiennement, 95 % comme principale source d’eau de boisson, 98 % constatent une amélioration de leur eau et 55 % déclarent avoir réduit leurs dépenses liées à l’eau.
Au-delà de la mise à disposition du matériel, les résultats du suivi montrent ainsi l’importance d’associer un équipement adapté au terrain, la formation des bénéficiaires et un accompagnement local pour inscrire l’accès à l’eau saine dans la durée.
Une expertise née d'une expérience humanitaire
ORISA® a été conçu à partir de l'expérience terrain d'un ancien travailleur humanitaire David Monnier, initialement co-fondateur de l'entreprise, et développé en réponse à un cahier des charges établi avec l'implication des grandes ONG françaises et internationales : Médecins sans Frontières, Croix Rouge Française, Solidarités International, Médecins du Monde, Handicap International, Terres des Hommes Lausanne, Premières Urgences.